Vingt années de COP, de 1995 à 2014

La reconnaissance du changement climatique date de bien plus de 30 ans. En 1985, le 1er rapport du Groupe Intergouvernemental des Experts du Climat (GIEC) (1) a confirmé sa gravité. Il a débouché sur une Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (2) adoptée par 154 pays lors de la Convention de Rio de 1992 et qui appelle les pays à agir en fonction de leurs responsabilités et capacités. Depuis, elle a été ratifiée par 196 pays. Trois ans après la signature de cet accord mondial, en 1995, la première Conférence des parties (ou COP) s'est déroulée à Berlin. Depuis, une conférence des parties prenantes à cet accord de lutte contre les changements climatiques, une COP, se tient chaque année en décembre.

En 1997, la COP3 qui s’est tenue à Kyoto a été très importante puisqu’elle a permis de lancer un processus aboutissant après les COP4 (Buenos-Aires 1998), COP5 (Bonn, 1999) et COP6 (La Haye, 2000), à définir le Protocole de Kyoto (3) : une fois ratifié par suffisamment de pays, il est entré en vigueur en février 2005 afin de réduire d’au moins 5% par rapport au niveau de 1990 les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici sa clôture en 2012. Mais, en 2009, la COP15 à Copenhague (4) a été très décevante car, ayant rassemblé les chefs d'État les plus importants, elle laissait espérer des décisions essentielles pour ce sommet qui a été vu comme celui de « la dernière chance ». Mais, mal préparée, cette conférence n'a débouché que sur une déclaration et un accord de façade sans aucun engagement significatif  des États. Ainsi, le Fonds vert pour le climat (5) - dont elle a défini le principe - n'a pas été financé.

Il n’en est plus de même aujourd’hui car les successifs rapports du GIEC, les catastrophes climatiques et les mobilisations associées ont fini par rassembler de nombreux États autour de la définition d’un objectif commun de réduction des émissions de GES. Si bien qu’en 2011, la COP17 de Durban a permis de définir un agenda d’engagements allant au-delà de 2012, le terme du protocole de Kyoto. En 2012, la COP18 de Doha a permis de justesse la prolongation du protocole de Kyoto en définissant une seconde période d'engagement du début 2013 à fin 2020. Enfin, en 2013, la COP19 de Varsovie qui s'est déroulée alors que le typhon Haiyan (6) causait plus de 8 000 disparitions aux Philippines a permis de déboucher sur une amélioration de la feuille de route vers le rendez-vous de 2015 pour la COP21 : les États s'y sont engagés à élaborer d’ici 2015 un accord global, ambitieux, équitable et juridiquement contraignant qui devra entrer en vigueur en 2020. Ce succès relatif fut d'autant plus difficile à réaliser que 132 pays pauvres furent laissés de coté lors du débat sur les dits "pertes et dommages" (8) envisagés pour les indemniser des coûts environnementaux qu'ils supportent. De plus, l'opacité des discussions et leur manque de démocratie ont amené les ONGs les plus importantes à quitter en groupe la COP19 pour protester contre son blocage.

En décembre 2014, La dernière COP20 a eu lieu à Lima au Pérou du 1er au 12 décembre 2014. Elle a eu pour rôle essentiel de préparer la future COP21 de Paris Le Bourget afin de de pouvoir y obtenir un accord sur au minimum deux engagements internationaux décisifs pour le climat : les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre sur la période 2020-2030 et les montants des dotations au fond vert pour le climat, lequel devrait réaliser un transfert de fonds des pays les plus avancés vers les pays les plus vulnérables afin d'y combattre les effets des changements climatiques.

 

(1) GIEC :

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a été créé conjointement en 1988 par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et par le

Programme des Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE). Le GIEC a pour mandat d’évaluer l’information scientifique, technique et socioéconomique disponible sur la question du changement climatique. Ces informations sont sélectionnées parmi les

études effectuées par des organismes pluridisciplinaires internationaux et publiées dans les revues validées par la communauté scientifique. En dégageant clairement les éléments qui relèvent d’un consensus des scientifiques, le travail du GIEC vise à identifier les causes et conséquences du changement climatique, et à envisager, à travers différents scénarios, les stratégies possibles en matière d’atténuation de ce changement et d’adaptation à ses conséquences.

Voir exposé plus développé notamment dans la page wikipédia du "Groupe Intergouvernemental des Experts du Climat (GIEC)"

 

(2) Fonds vert pour le climat :

Le Fonds vert pour le climat est un mécanisme financier de l'Organisation des Nations unies. Dans le cadre de la CCNUCC, il doit réaliser des transferts de fonds venant des pays les plus avancés et permettant aux pays les plus vulnérables de s'adapter aux effets des changements climatiques. Il doit être doté pour cela d'un capital de 100 milliards de dollars par an.

C'est la COP17 de Durban qui l'a mis en place, même si la décision de le créer remonte à la COP15 de Copenhague en 2009. Mais de nombreux retards expliquent que lors de la COP20  de Lima, seuls 10 milliards de dollars avaient été réunis.

Voir exposé plus développé notamment dans la page wikipédia sur "le fonds vert pour le climat".

 

(3) Conférence Cadre Internationale des Nations Unies sur le Changement Climatique :

Voir exposé plus développé notamment dans la page Convention cadre internationale sur les changements climatiques

 

(4) COP15 de Copenhague :

le graphique en http://www.rac-f.org/Les-bases-de-l-action.html

Voir exposé plus développé notamment dans la page wikipédia du "Protocole de Kyoto"

 

(5) Fonds vert pour le climat :

Voir exposé plus développé notamment en

 

(6) Typhon Haiyan :

 

Voir exposé plus développé notamment dans la page wikipédia des Conférences des Nations unies sur les changements climatiques

 

(7) Pertes et dommages :

 

Voir exposé plus développé notamment dans la page wikipédia des Conférences des Nations unies sur les changements climatiques

 

 

En 1997, la COP3 qui s’est tenue à Kyoto a été très importante puisqu’elle a permis de lancer un processus aboutissant après les COP4 (Buenos-Aires 1998), COP5 (Bonn, 1999) et COP6 (La Haye, 2000), à définir le Protocole de Kyoto : une fois ratifié par suffisamment de pays, il est entré en vigueur en février 2005 afin de réduire d’au moins 5% par rapport au niveau de 1990 les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici sa clôture en 2012. Mais, en 2009, la COP15 à Copenhague a été très décevante car, ayant rassemblé les chefs d'État les plus importants, elle laissait espérer des décisions essentielles pour ce sommet qui a été vu comme celui de « la dernière chance ». Mais, mal préparée, cette conférence n'a débouché que sur une déclaration et un accord de façade sans aucun engagement significatif des États. Ainsi, le Fonds vert pour le climat - dont elle a défini le principe - n'a pas été financé.

Il n’en est plus de même aujourd’hui car les successifs rapports du GIEC, les catastrophes climatiques et les mobilisations associées ont fini par rassembler de nombreux États autour de la définition d’un objectif commun de réduction des émissions de GES. Si bien qu’en 2011, la COP17 de Durban a permis de définir un agenda d’engagements allant au-delà de 2012, le terme du protocole de Kyoto. En 2012, la COP18 de Doha a permis de justesse la prolongation du protocole de Kyoto en définissant une seconde période d'engagement du début 2013 à fin 2020. Enfin, en 2013, la COP19 de Varsovie qui s'est déroulée alors que le typhon Haiyan causait plus de 8 000 disparitions aux Philippines a permis de déboucher sur une amélioration de la feuille de route vers le rendez-vous de 2015 pour la COP21 : les États s'y sont engagés à élaborer d’ici 2015 un accord global, ambitieux, équitable et juridiquement contraignant qui devra entrer en vigueur en 2020. Ce succès relatif fut d'autant plus difficile à réaliser que 132 pays pauvres furent laissés de coté lors du débat sur les dits "pertes et dommages" envisagés pour les indemniser des coûts environnementaux qu'ils supportent. De plus, l'opacité des discussions et leur manque de démocratie ont amené les ONGs les plus importantes à quitter en groupe la COP19 pour protester contre son blocage.

 

 

Ressources

Cf. MEDEF

Les négociations climatiques se déroulent dans le cadre de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique* (CCNUCC) adoptée lors du sommet de la Terre à Rio en 1992. Chaque année depuis 1995, les pays signataires se retrouvent pour une Conférence des Parties (COP).

 

Cf. Alternatiba

Pour sauver le climat, “il est minuit moins cinq” affirmait le Président du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Plus personne, hélas, ne peut douter de la gravité du dérèglement en cours . Rien n’a changé depuis le célèbre constat “Notre maison brûle et nous regardons ailleurs”. Pire, depuis l’échec du Sommet de Copenhague en 2009 (dit COP 15) et l’éclatement de la crise financière, l’urgence climatique semble avoir disparu de l’agenda des décideurs.

 

Plus d’informations sur le réchauffement climatique, ici  : https://alternatiba.eu/sinformer/rechauffement-climatique/

 

Les acteurs de la COP 21

Les chefs d’État du monde entier se réuniront pour la COP21, le 21ème sommet mondial de l’ONU sur le climat, du 30 novembre au 11 décembre 2015, afin de signer un accord international qui s’appliquerait en 2020. Cet accord, s’il était ambitieux, juste et contraignant, ferait partie de la solution d’autant plus s’il était s’accompagné de mesures opérationnelles dès 2016. Mais après 20 ans d’échecs de ces négociations internationales, nous ne pouvons plus laisser notre avenir uniquement entre les mains des chefs d’État en espérant qu’un tel accord soit trouvé.

 

Cf. MAE Dérèglements climatiques et crises humanitaires : comprendre et agir»

Les chiffres sont alarmants : selon les Nations Unies, 9 catastrophes naturelles sur 10 sont désormais directement ou indirectement liées au climat. Si l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre se poursuit au rythme actuel, l’accroissement des températures moyennes à la surface de la planète pourrait  être  compris entre  1,5°C   et  4,8°C.   Les   conséquences  seraient  dramatiques  sur  nos écosystèmes.

A titre d’exemple, les projections basées sur cette hypothèse prévoient que 40% de la population mondiale souffrirait alors d’un manque d’eau d’ici 2050. Les phénomènes météorologiques extrêmes  devraient  se  multiplier,  avec  des  sécheresses  qui  dureront  plus longtemps ainsi qu’une multiplication et une violence accrue des typhons comme les pays d’Asie du sud-est ont pu en  faire l’expérience au cours des trois dernières années. Avec la montée du niveau des océans, la disparition de  territoires  entiers  a  déjà  commencée,  notamment en  Asie  et  dans  le  Pacifique,  poussant  des milliers de personnes à la migration forcée. On estime qu’ils seront plus de 250 millions à devoir abandonner  leurs terres submergées d’ici  2050. Ces déplacés deviendront  à  leur  tour  un  facteur aggravant  de  risque de  conflits  lié  à  la  résurgence  de  tensions  sociales  et  communautaires  dans  un contexte  de  lutte  exacerbée  pour  le  contrôle  des  ressources.

Les luttes pour l’accès aux ressources naturelles pourraient alors s’intensifier comme  on  le  voit  déjà  au  Moyen  Orient,  en  Afrique  ou  en Amérique latine.